Chloé Charles
seconde de Betrand Grebaut chez Septime
"Au moment de l'envoi des premières entrées, je me suis dit ouh la la, c'est à moi, j'ai cru paniquer, mais j'ai repris le dessus. Je ne voulais pas que -ça passe-, je voulais que ce dîner laisse une marque".
Chloé Charles peut être rassurée, on risque d'évoquer régulièrement ses Fulgurances. Parce que les soixante-quinze convives ont découvert ce lundi 25 février une cuisinière affranchie et audacieuse, sensible et authentique.
On a aimé voir les sourires des grignoteurs de ficoïde glaciale à l'oursin, d'épinard à la noisette ou à la pistache, ces petites pousses imprégnées qui venaient comme capter les palais impatients et leurs bonnes manières. Ce sera avec les mains et on y prendra un malin plaisir.
Puis l'huître, une explosion d'océan adoucie par le beurrée tendre de l'avocat au naturel. Première secousse qui en amènera d'autres, notamment avec le champignon café et jaune d'oeuf qui a tout sauf laissé indifférent. L'interrogation des textures, le champignon gardé entier, l'amertume, et le contre-balancement du jaune monté presque sucré, un épisode qui annonce incontestablement une prise de position, le choix de ne pas se ranger uniquement du côté du mangeur, mais de le bousculer un peu, de le faire réfléchir sur le fait même de se nourrir. Pourquoi? Pour se procurer quelles sensations, quelles émotions?
La saint-jacques et le merlan font figure d'assiettes presque plus rassurantes, même si l'effet trompe l'oeil de l'un, et la vulnérabilité brute de l'autre en ont fait des passages clés du dîner. Une maîtrise parfaite du menu. Le paleron et oignons, fumé puis cuit presque bleu achève de confirmer la virtuosité de Chloé Charles.
Il est presque minuit, et pourtant le est en transe. Il applaudit, assiste en même temps que Chloé à la création de son oeuvre, qui, aussi éphémère soit-elle, augure de grandes choses.
Un immense merci à Chloé Charles, à ceux qui l'ont accompagné ce soir là et à ceux qui nous soutiennent au jour le jour.








Vous parlez de cuisine plus humaine, dans mon esprit ça a fait tilt, j'ai pensé: végétarien? Mais non il y a du poisson, bon c'est mieux que le veau, le foi gras, et autres vivants (non humains) accommodés à la sauce indécente de l'homme.Je suis végétarienne et même pire, en route pour devenir végan, l'idée de manger des animaux me révulse, d'ailleurs je ne digere plus l'agonie. Le grand chef sera pour moi celui qui régalera sans carnage, sans le sang des bêtes, moi je me régale à découvrir tout un univers de saveurs insoupsonnés, j'espere que vous y viendrez.
Posté par Chantal B | 2 mars 2013 à 14:20